marathon_de_Rennes_2017-17

Marathon de Rennes – une histoire de fesses

Après mon premier marathon, en avril 2017, j'étais dans un tel état que je m'étais promis que c'était le premier et le dernier.
C'était sans compter sur Gaëtan, qui n'a finalement pas eu trop de mal à me convaincre de participer au marathon vert de Rennes, le 22 octobre 2017, en courant une nouvelle fois pour l'association "Pas à Pas Avec Alexia" qui nous tient à cœur. Marathon "vert", car un arbre sera planté en Inde, en France ou au Portugal à chaque kilomètre parcouru grâce à la fondation Yves Rocher.

Suite à une bonne préparation conclue par un sub40 lors des 10km Paris Centre, je retrouvais les coureurs de l'association à Rennes, la veille du départ.

Un petit tour au village pour récupérer nos dossards et on file manger une grosse assiette de pâtes devant le multi ligue 1 avant d'aller au lit. On n'oublie pas le petit smecta du soir pour calmer les ardeurs d'un transit intestinale parfois trop efficace, en prévention de tout incident fâcheux lors de la course (et pour mieux digérer les commentaires d'Elie Baup).

Témoins de la première victoire de Rennes au Roazhon Park cette saison, les supporters lorientais et nantais que nous sommes filons au lit à 22h15. On règle les réveils à 5h00.

Pipo et Molo font du ski, bonne nuit les petits, un supo et au lit !

Le matin de la course

Je dors comme un bébé ! Le réveil à 5h00 est plutôt facile. Tous un peu anxieux (on va se taper 42km on appréhende quand même un chouille), chacun avale son petit-déjeuner fétiche accompagné du smecta du matin histoire de bien assurer le coup.
Problème, celui du soir est plus efficace que prévu de mon côté. La plâtrée de pâtes et le "gateau-sport" de la veille resteront encore un peu à leur place.
Ce n'est pas grave, il y aura des toilettes sur le village de départ.

Il ne fait pas plus de 5°C à 6h15, heure à laquelle nous quittons l'appartement, direction les navettes.

Le départ de la course aura lieu à 9h00 à Melesse, commune à 15km au nord de Rennes. On grimpe dans un bus après nos 3km de marche matinale et on apprécie le chauffage qui nous endort petit à petit.

Une fois sur place, l'ambiance fraîche et matinale des courses se fait sentir. J'adore ça !
La pression monte doucement, le soleil commence à se montrer et les coureurs les plus aguerris s'échauffent doucement habillés de leur sac poubelle à épaulettes. C'est pour moi l'occasion de retrouver Greg et Guy, deux copains Adidas Runners qui sont venus relever le défi.

Il fait vraiment froid, le départ va piquer un peu. Mais même si "winter is coming", je n'arrive toujours pas à aller sur le trône... Moi qui suis réglé comme du papier à musique d'habitude, je commence à stresser. J'ai peur que ça me pèse pendant la course.
J'essaie d'arrêter d'y penser. Il va falloir rejoindre le SAS 3h30 car l'heure du départ approche.

A 9h00 nous sommes tous prêts et excités par la course à venir. Les confettis verts s'envolent dans le ciel bleu et orange de la campagne rennaise. C'est parti pour 42,195km !

0km > 10km - La mise en jambes

Le début de course est plus un échauffement qu'autre chose. Il fait tellement froid que les muscles ont du mal à se détendre. Je me colle au meneur d'allure 3h30 sans aucune difficulté.

Habitué aux courses parisiennes et aux grands boulevards, l'odeur de l'herbe mouillée et les quelques vaches ruminant en nous regardant passer me rappellent d'où je viens.
Je prends beaucoup de plaisir à fouler les routes de campagne et la fraîcheur matinale fait passer ces dix premiers kilomètres plutôt facilement. Je passe les 10km en un peu moins de 50 minutes.

10km > 21km - Que du plaisir

Je pense que les muscles sont chauds et décide alors de prendre un allure plus naturelle. Tout en me disant que ce n'est peut-être pas une super idée, je double le groupe 3h30 en adoptant un rythme pas trop lent, mais pas trop rapide. Je me retrouve vite seul avec deux autres coureurs sur les routes un peu tortueuses qui mènent à Pacé, juste derrière le porte drapeau 3h15.

Les muscles n'étaient peut-être pas tout à fait chauds finalement. J'ai même quelques crampes aux mollets au bout de 13km... Ça s'annonce mal. Pourvu que ça passe.

On se tire la bourre mutuellement, encouragés par les valeureux supporters de rase campagne qui s'étaient levés pour nous applaudir. Certains ont des petites pancartes avec un mot sympa tandis que d'autres ont plutôt opté pour la bouteille de rosé en bord de route. Je ne m'attendais pas à voir autant de monde sur cette course et les encouragements étaient vraiment bienvenus.

On file jusqu'au semi avec une bonne cadence. Le parcours est beaucoup moins plat que ce que j'imaginais mais, montmartrois que je suis, le dénivelé ne me fait pas peur.
J'arrive au 21km en 1:39:20 en pleine forme (contre 1:51:38 lors du marathon de Paris).

Et si Greg, qui m'assurait que je pouvais faire 3h20 aujourd'hui, avait raison ?

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21km > 30km - Une course de m****

Je me sens vraiment bien physiquement. Les petites crampes aux mollets ont fini par se dissiper et les sensations sont complètement différentes qu'à Paris.

Quelques centaines de mètres après le ravitaillement du semi, ce que je craignais tant fini par arriver. Mon ventre se met au dubstep. Je me dis que c'est sûrement le verre d'eau que j'ai bu un peu trop vite et que ça va passer. Tu parles...

Les 10km qui suivront seront un vrai calvaire.

Je demande aux bénévoles du bord de route où seront situés les prochains toilettes. Ceux-ci n'ont pas toujours de réponse à me donner mais, quand ils en ont une, c'est toujours la même : "Au bout ! continue ! C'est au bout !"

Mais au bout de quoi !???? J'en peux plus !

J'ai des crampes au niveau de la ceinture, ça gargouille de partout, ça devient vraiment compliqué. Ma démarche ressemble à celle d'un phasme épileptique et mon allure est passée de 4:30/km à 5:15/km.

J'ai les jambes, mais il m'est impossible de courir avec mon plat de pâtes de la veille qui menace de recouvrir mes mollets à chaque foulée.

Le plaisir du premier semi à laissé place à une souffrance intenable. Je ne suis plus du tout dans ma course et ma seule obsession est de trouver des toilettes.

Je repense à Julien qui me conseillait de prendre des mouchoirs avec moi pour la course, au cas-où... J'aurais dû l'écouter.

J'envisage chaque recoin comme un cabinet d'aisance improvisé. Mais je n'ai pas envie de finir la course souillé et mal-odorant. La moindre station service, le moindre super-marché, tout me semble être l'endroit idéal pour m'arrêter. Sauf qu'on est dimanche et qu'on est en pleine brousse. Tout est fermé.

Au 26km, nous entrons dans la ville de Rennes et un gros dénivelé positif commence alors.

Il ne devait pas être plat ce marathon !??

Je me fais doubler de tous les côtés, je n'arrive plus à avancer. Le supplice continue jusqu'au 30km où j'arrive en 2:24:53, et où plus rien n'existe à part ces deux magnifiques blocs de plastique vert kaki que je distingue au loin.
Je les reconnais, ce sont les mêmes toilettes qu'au village de départ. Ils sont pour moi, je vais enfin pouvoir lâcher l'encre !

30km > 35km - C'est cuit

Je vous épargne mon ravitaillement du 30ème kilomètre. Je pense que vous saurez pourquoi j'y suis resté 10 minutes. Toujours est-il qu'il n'y avait pas que le marathon, qui était vert...

Cette pause beaucoup trop longue m'a coupé les jambes. Je m'accorde un verre d'eau et deux morceaux de banane avant de repartir.
Je me sens revivre. Fini les sueurs froides. Pour me consoler, je pense à mon Record Personnel sur "10km fesses serrées"que je viens de réaliser.

Les jambes, elles, ont cru que c'était terminé. Elles ne comprennent pas pourquoi on repart.

J'essaie de reprendre sur les bases du premier semi; impossible. j'avance à 5:30-6min/km avec peine. Les cuisses se sont complètement raidies. Je tiens bon jusqu'au 35ème où les démons du marathon de Paris refont surface. C'est la grève des muscles.

35km > 40km - Face au vent

Ces 5 derniers kilomètres avant la dernière ligne droite se feront à 7:30/km en moyenne. Je n'avance plus, les jambes ont dit "STOP".
Je me dis alors qu'il est hors de question de revivre la même fin de course qu'à Paris et qu'il faut absolument tenir le coup pour ne pas trop marcher. Je marcherai cinq fois à cause de ce vent de face qui nous freine depuis l'entrée dans Rennes et je suis loin d'être le seul. Beaucoup de participants sont à bout de forces.

40km > 42,195km - Pour la gloire

Je sais que ma famille est venue de Lorient pour venir me voir franchir la ligne d'arrivée. C'est ce qui me fera tenir tant bien que mal jusqu'à la fin. C'est ce qui me redonne des forces à deux kilomètres de l'arche verte pour "courir" sur les pavés du centre ville de Rennes.

J'aperçois enfin la ligne de délivrance et distingue ma famille qui se tient sur la droite. Je fonce les embrasser avant de passer l'arche d'arrivée en 3:46:45, soit 32 minutes de mieux qu'à Paris, six mois auparavant.

Distance

42,195km

Temps

03:46:45

Allure

5:21/km

Classement

857 / 1569

Pour résumer, j'ai vraiment connu deux courses en une durant ce marathon. Un premier semi sans soucis avec de bonnes sensations où tout semblait possible, et un second pendant lequel j'ai vécu un vrai cauchemar physiquement.

Je suis d'autant plus fier d'être allé au bout de la course car j'ai plusieurs fois pensé à m'arrêter par peur de perdre ma dignité en plein effort.

Certes, j'établie un nouveau RP sur la distance en faisant 32 minutes de mieux qu'à Paris. Mais qu'aurait été ma course si je n'avais pas connu ces soucis intestinaux ? Je crois que je vais devoir participer à un troisième marathon pour le savoir...

Gaëtan : 4h10 - Anthony : 3h46 - Manu : 3h45 - Julien : 4h23 - Marc : 5h23


Un gros bravo à tous les coureurs de l'association avec qui j'ai partagé ce week-end sportif !

Organisation

Irréprochables du début à la fin, les 1400 bénévoles présents le jour de la course dès 5h00 du matin étaient au top. Cette course n'aurait pas été possible sans eux c'est certain.

Malgré ma mésaventure gastrique, il faut souligner la présence de commodités tout au long du parcours et les ravitaillements, quant à eux, étaient parfaits.

La gestion des vestiaires et des navettes était au poil également.

L'organisation nous a gratifié d'une très jolie médaille et d'un chouette maillot à manches longues ainsi que d'un sac à dos et pas mal de bonus à manger et à boire. Rien à voir avec le sac vide des 10km Paris Centre une semaine auparavant.

Parcours

Inhabituel pour ma part, j'ai adoré courir dans la campagne sur la première moitié du parcours.

J'ai aussi aimé passer dans les petits villages de la banlieue rennaise de bon matin. Leurs habitants étant pour beaucoup dans ce bon début de course grâce à leurs encouragements.

L'étoile manquante est justifiée par ce parcours plat qui ne l'était pas et cette ligne droite face au vente beaucoup trop longue avant d'entrer dans le centre ville de Rennes.

Vainqueurs de la course

F // Viola JELAGAT (Kenya) - 02:26:51
M // Josphat KIPRONO (Kenya) : 02:09:45

Prix du dossard : 40€
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