marathon de paris-10

I’m a finisher !

Distance : 42,195km // Temps : 4:18:32 // Allure : 6:03/km

Dimanche 09 avril 2017, j’entre dans la cours des très grands. Un an tout juste après mes débuts en course à pieds, me voilà finisher du marathon de Paris.

Pour la bonne cause

C’est pour l’association Pas à Pas avec Alexia qui lutte contre le syndrôme Smith Magenis que j’ai décidé d’affronter ces 42,195km dans « la plus belle ville du monde ».

Je m’étais inscrit seul, durant un bref moment d’inconscience, presque un an auparavant. Une époque à laquelle je devais manquer de nouveaux défis et je me disais que courir 42km, c’est facile.

Quand l’association m’a proposé de courir pour la cause des enfants malades, je n’ai pas hésité et accepté immédiatement.

Une prépa compliquée

Bien entendu, j’étais au fait qu’un tel projet, ça se prépare. J’avais presque un an pour avoir les jambes. Il a fallu ajouter aux runs du mercredi avec Adidas Runners Les Abbesses et à mes 2 ou 3 sorties solo, des séances de pistes spécifiques et des sorties longues. Au moment de mon inscription au marathon, je n’avais jamais parcouru plus de 11km. Mais bon, « courir un marathon… c’est facile. »

Ma préparation aura été perturbée par plein de petites blessures embêtantes qui me mettaient encore le doute 3 semaines avant ce marathon.

0km > 10km // L’inconnue

Au moment du départ, je ne savais pas du tout comment j’allais gérer ma course. Je me lançais dans l’inconnue. Mon cerveau me disait d’y aller molo parce que, mine de rien, on allait y passer un bout de temps. Mes jambes, elles, ne demandaient qu’à accélérer pour profiter un maximum des pavés qui mènent à la place de la Concorde, éclairée par le soleil. Du coup j’ai fait un petit compromis entre les deux, le but n’étant pas de se cramer bêtement, mais pas non plus de finir la course en 8h…

10km > 21km // Le rythme est pas mal

Les 10 premiers kilomètres sont passés sans même m’en rendre compte ! La distance sur laquelle j’ai débuté il y a un an m’a parue être un jeu d’enfants. C’est dans ces moments là que je me dis que, oui, la souffrance des séances de fractionné et les sorties longues n’ont pas été inutiles.
On entame la seconde moitié du semi sur un rythme pas trop mal en direction du bois de Vincennes. La jambe est bonne, le mollet est ferme, les épaules sont droites, l’oeil est brillant. T’es un champion, Champion !

21km > 30km // Trop facile ?

21e kilomètre, ça y est, j’entre dans la vraie inconnue. Jamais je n’ai couru au-delà de cette distance du semi-marathon. Et je ne l’ai fait qu’une fois au semi marathon de Rueil. A ma grande surprise, je tiens le rythme assez facilement même si le soleil commence à faire coller mon tee-shirt à mes tétons. Mais, malin comme Maped, j’avais pensé à protéger ces derniers avec de la bande adhésive Omnifix. Messieurs, notez bien ce petit conseil, indispensable lors de vos sorties d’été. Vous risquerez de finir avec les tétons en feu et de souffrir d’irritations pendant l’effort. J’en ai fait l’expérience à quelques reprises…

Je me dirige vers le 30e kilomètre en gardant la cadence, passant par les tunnels irrespirables et en empruntant les quais de l’Arsenal de la Bastille où les spectateurs sont nombreux. Bien que toujours droit et fier de porter le tee-shirt de Pas à Pas avec Alexia, c’est frustré que je passais devant les groupe de supporters Adidas Runners sans qu’ils me reconnaissent dans la foule. Je regrettais par moment mon maillot noir et blanc si reconnaissable.

30km > 40km // Le calvaire

J’arrivais à 12km de l’arrivée plutôt à l’aise, en 2h41, et l’entrée du Bois de Boulogne n’était plus très loin. On entre dans la dernière ligne droite. C’est là, au 30e kilomètre exactement, que mes jambes ont décidé que, non, elles n’iraient pas plus loin.

De la même manière que le pluie fouette les vitres du TGV dès que je passe la frontière bretonne, mes muscles se sont transformés en bois d’Acacia à peine franchi la distance fatidique. Ma plus grosse erreur sera de me mettre à marcher pour récupérer. On ne récupère pas en marchant ! Impossible de redémarrer !


 

Je me dis alors que les nombreux drapeaux bretons qui flottent sur le bord des routes sont là pour moi et je tente, tant bien que mal de courir mais j’ai plutôt l’air d’Aldo Maccione. Je ne vais pas plus vite que ceux qui marchent à côté de moi.

Tous mes muscles sont alors durs comme du bois et les premières crampes se font sentir. Malgré les nombreux « Allez Anthony! » pour m’encourager (J’avance si lentement que les spectateurs ont le temps de lire mon prénom sur mon dossard), je n’ai même plus la force de leur répondre « Je s’appelle Groot. »

C’est pratiquement 1h30 plus tard que j’atteint le 40e kilomètre, au bout de moi-même.

40km > 42,195km // comme on peut…

C’est là, à 2km de la ligne d’arrivée, que je vois au loin l’homme en orange et noir. Adrien Marlault est un membre d’Adidas Runners Les Abbesses et un marathonien plus qu’averti. Il était posté là, sans dossard, pour encourager ceux qui qui n’ont pas l’habitude de la distance et qui galèrent grave. Ça tombe bien, je galère grave !

Je pensais alors ne plus avoir de jus. C’est au fin fond de mes chaussettes que je suis allé chercher les dernières forces pour suivre sa cadence et ses encouragements. Sans vraiment savoir comment, j’y parvient. Adrien me lâche au 41e et me laisse finir comme un grand. Mes jambes renaissent de leurs cendres pars le plus grand des mystères et je n’ai que la ligne d’arrivée en ligne de mire. Si Adrien avait porté un petite robe à fleurs et m’avait crié « Cours Forest ! Cours ! » Le remake aurait été parfait !

Y’a plus qu’à foncer tout droit. J’entends un dernier « Allez Anthony ! » et je passe la grande arche verte sans même savourer l’instant. Je suis cuit !

Epuisé mais heureux

Je finis en 4h18. Je ne retiendrai pas le chrono pour ce premier essai mais simplement les petites erreurs que je ne commettrai plus. J’ai peiné à aller chercher ma médaille et c’est en boitant que j’ai trouvé un coin pour m’allonger. Mon tee-shirt « finisher » tout juste en main, je le trempe alors avec le fond de ma bouteille d’eau et le pause sur ma tête. Je sortirai de la zone d’arrivée 30min après.

Le marathon est une épreuve qu’on se doit de préparer​ et de respecter.

Je ne sais pas si je suis parti trop vite; je ne pense pas. Si je me suis laissé emporté par la folie de l’évènement, peut-être un peu. Ma plus grosse erreur est sans aucun doute d’avoir marché. Il aura été impossible de repartir.

Ma course en détails

Organisation

Un évènement de cet ampleur se devait d’être irréprochable dans son organisation. Il l’aura été. Les bénévoles étaient très nombreux au bord du circuit et les ravitaillements tout au long de la course plus que suffisants. Rien à redire si ce n’est le manque de toilettes pour les gros besoins sur le parcours.

Parcours

Bon, en gros on a couru dans une des plus belles villes du monde ! C’était trop super bien de courir sur les champs élysées, autour de l’obelisque de la concorde ou place de la Bastille. c’est juste dommage qu’on aient pris deux fois le même axe, à l’aller et au retour. Mais bon j’imagine que question pratique, on ne peut pas non plus bloquer tout Paris pour des idiots qui courent en mini short.

Extras

Rien dans le sac récupéré au salon du running la veille. Pas un goodie ! Pour ma part, j’avais pris l’option « personnalisation de la médaille » avec mon nom et mon temps. Quand j’ai demandé à l’arrivée comment ça se passait, on m’a juste répondu que j’allais recevoir un autocollant par la poste à coller dessus. Décevant !

Prix du dossard 112€

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