Sartrouville : Un premier Cross dans la crasse

Dimanche 10 décembre 2017, j’ai couru mon premier cross à Sartrouville. Je ne comptais même pas faire d’article à ce sujet tellement j’y suis allé en touriste.
Finalement, j’ai été tellement surpris par la difficulté de la discipline que j’ai décidé de raconter rapidement comment un mec mal chaussé a galéré du début à la fin pour terminé en 95ème position sur 101 participants.

Tout est parti d’un post de François Hivert ( Adidas Runner ) sur les réseaux sociaux. En gros il annonçait que la saison des cross commençait et que les cross c’est vraiment trop cool et qu’il faudrait y aller et tout…
Tout ce que je savais, c’est que le principe du cross, c'est de courir dans l’herbe.

Je me suis quand même chauffé et j’ai fini par m’inscrire au 33ème cross international de Sartrouville.

Après tout, si je sais courir sur la route, je devrais savoir courir tout aussi bien sur le planché des vaches.

J’avais pris mes précautions. Le petit bonhomme en mousse que je suis n’avait pas envie de se flinguer la cheville encore une fois et, aux vues des conditions météo du moment, c’est dans la boue que j’allais courir mon premier cross.
Malheureusement, la paire de pointes Kalenji, que j’attendais au Decathlon avenue de Wagram la veille de la course, n’a pas pu arriver à temps. Celle-ci n’ayant pu être livrée, bloquée par les funérailles de Johnny Hallyday immobilisant la moitié de Paris. #poissardbonsoir #Johnnyontaime

Est-ce bien raisonnable d’aller braver l’inconnue d’un terrain gras et glissant sans être chaussé en conséquence ? Clairement, non.

Le matin du départ, c’est avec mes Asics Dynaflyte aux pieds que je rejoins François et Madison. Tous les deux sont familiers de la discipline et bien mieux équipés. Je passerai les détails de ce merveilleux voyage jusqu’à Sartrouville absolument sans intérêt.

Madison est déjà sur place lorsque nous arrivons avec François. Le départ de la course femme étant donné 45 minutes avant le notre. C’est pendant qu’elle gérait parfaitement bien sa course que nous partons pour une reconnaissance du parcours. La choses sont claires, ça glisse, il y a du vent et il fait super froid.

Madison a porté dignement le maillot vert de l'Entente de Sèvres

A ce moment là, je me dis que je suis bien dans ma doudoune et que je peux toujours décider de ne pas prendre le départ… mais ce genre de moment de lucidité ne dure jamais très longtemps.

On file se changer à l’arrache sur un banc de touche du terrain de foot aux airs de champs de patates. C’est au moment de l’échauffement que je me rappelle que dans Cross international, il y a « international ». Je suis entouré de gars hyper-affûtés qui semblent rebondir sur la terre dure et froide.

Mais qu’est ce que je fais là ?

J’essaie de taper des accélérations et quelques gammes entre les Ethiopiens, Kenyans, Erythréens, Algériens, Français et autres internationaux, mais j’ai incontestablement une dégaine de touriste.

Le départ

Sur la ligne de départ, j’ai l’impression qu’on est douze participants. Moi qui suis plutôt habitué aux grosses courses parisiennes avec une bonne dizaine de milliers de participants, nous étions 101 ce dimanche à être venus braver ces 8,5km de boue et de grosses flaques d'eau.

Allez Pongo ! Ça va le faire !

Je me cache derrière les champions, le coup de pistolet retentit sans même que je ne m'y attende. Ça part super vite ! Je me retrouve en 99ème position dès la première seconde de course et je sais déjà que je ne rattraperai pas grand monde.

La course

Les premières foulées sur le terrain gras confirment ce qui était déjà évident. Je vais jouer l'équilibriste pendant huit bornes. Le bruit des crampons s'éloignent rapidement tandis que mes asics s'enfoncent dans la terre à chaque pas.

Je me dis alors que les 17km courus avec le Decathlon Wagram la veille n'étaient pas ma meilleure idée de la semaine. Les jambes sont lourdes et les mollets sont à la peine.

Nous entamons la série de trois boucles. La première étant l’occasion de me familiariser avec les virages trop serrés m’obligeant à me tenir aux barrières de sécurité et aux quelques côtes glissantes après lesquelles je dois constamment relancer.

Cette première boucle option découverte me permet de remonter 2 places seulement et je suis à la peine lorsque j’atteins le premier check point.

La suite de la course ne sera qu’une répétition du premier tour. Accompagné de mon compagnon de route improvisé qui se met « dans ma roue » tout au long de la course pour se cacher du vent, je lutte pour avancer. Je ne prends aucun plaisir à courir. Personne en ligne de mire, j’ai l’impression que nous sommes seuls au monde.
Tandis que j’entends au loin le speaker annoncer l’arrivée imminente des premiers coureurs, j’entame seulement la deuxième boucle. Moralement, c’est dur, mais je refuse de lâcher l’affaire. Je suis pas venu jusqu’à Sartrouville pour abandonner !

Je parviens à relancer un peu plus fort lors du dernier tiers de la course ce qui me permet de prendre de la distance sur mon binôme et de gagner deux places supplémentaires. Malgré les encouragements de Madison sur le parcours, j’ai juste envie d’en terminer, ce que je ferais en 00:39:21.

Distance

8,75km

Temps

00:39:21

Vitesse

4:38/km

Hormis ma dégaine, ma course n’est pas si ridicule avec une allure moyenne de 4:38/km. Je n’étais tout simplement pas prêt et le niveau était bien trop haut pour moi.

J’ai détesté cette course, comme j’ai détesté François et Madison pendant 38 minutes. Mais il me tarde néanmoins de prendre ma revanche et de découvrir cette discipline en étant bien chaussé et préparé.

Avec François et Madison après la course
Pages: